F: Faible (adj)

Faible, adj. Attribué à un individu qui attire la pitié, qui appelle les pleurs, (de flere, pleurer). L’affliction est telle qu’elle en est affligeante. Par extension, cet adjectif a été utilisé pour décrire le manque de force, l’absence de valeur élevée, une résistance moindre. Cette perte est soit de durée limitée ou soit elle révèle un manque persistant. On peut être faible moralement parlant et cela devient un défaut, un penchant vers la faiblesse. Le manque de vigueur est au rendez-vous, une fragilité certaine se manifeste sous forme de déficience, ou sous un aspect délicat et frêle. La personne faible est désarmée et désarmante.

L’humaine faiblesse liée à la nature de la vie d’une femme et d’un homme, est-ce accepté, toléré, voilé, voire caché ? Les humains en ressources recherchés sur le marché du travail (sic), sont sensés être sans faiblesses. Comme les esclaves, ils doivent avoir toutes leurs dents pour être achetés par leur futur maître. Il faudrait se demander si l’absence de faiblesse chez un(e) candidat(e) ne serait pas une sorte d’absence d’humanité vraie. Mais, dans le même temps, une personne candidate et faible pourrait devoir mobiliser des forces qui se substitueraient à ses carences en cas d’engagement. Donner ou ne pas donner une chance à une personne faible ? Jusqu’au faut-il aider une personne en état de déficience ? Dans une équipe RH, nous avions décidé de pas aider du tout une personne faible qui clairement ne veut pas s’aider elle-même, mais de mettre une grande énergie à accompagner une personne affaiblie qui décide de faire quelque-chose pour changer cela.

Un leader faible ? L’injure affleure dans une telle interrogation. Pourtant, me trotte, entre deux neurones, une injonction du poète Pierre Emmanuel : (de ma mémoire défaillante et quelque peu imaginative) « Ne ferme pas tes blessures, c’est par elles que les autres peuvent entrer et te rejoindre ! » Au fond, un leader très fort, très lisse, sans faiblesses, pourrait être presque monstrueux, inhumain. Certes, il n’a pas à se complaire dans le ressassement de ses manques et autres déficiences, mais se montrer faible donne aussi accès à une empathie réciproque.

Clair que le risque niche dans les individus faibles. La vulnérabilité est le canal qui mène à la faute potentielle, à la déficience manifeste et dangereuse. Peut-être que le vrai danger réside dans l’occultation systématique de ce qui est faible, non seulement dans un individu, mais aussi et surtout dans une organisation, une gouvernance, un processus, un produit. Dans l’arrogance de la force se love peut-être une haute assemblée de personnages faibles qui jouent leurs différents rôles, sans faiblesse.

Connaître ses faiblesses, les affronter et les tourner en canaux de connexions vraies, ce serait une façon de s’ouvrir et de se laisser rejoindre !

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