N : Nouveauté

Nouveauté : nom féminin. De novus, neuf. Ce qui vient d’apparaître, de naître. Se dit des animaux, des plantes et des êtres humains lorsque leur naissance est récente. Ces éléments sont donc aussi qualifiés de jeunes. De jeunes pousses. La nouveauté laisse deviner l’extraordinaire, l’inédit, ce qui est surprenant. Elle signifie aussi ce qui dérange, n’est pas habituel, ce qui modifie l’expérience passée. L’inexpérience comme l’originalité sont aussi convoquées. Lorsque des nouveautés sont amenées, celles-ci ressemblent à des changements d’habits. Ces vêtements neufs peuvent qualifier la vêture d’un novice. Par sa primeur, sa hardiesse potentielle, par la fraîcheur de son activité, la nouveauté peut susciter la curiosité. Attention : de par son innovation, la nouveauté peut être perçue comme un danger.

Y-a-t-il des nouveautés en matière de ressources humaines ? Les questionnaires et les tests gadgets sont toujours au rendez-vous avec leur pertinence remontant aux intuitions de notre maître à tous : Carl Gustav Jung, mais : quid novi sub sole, qui a-t-il de nouveau sous le soleil ? L’humain a toujours des ressources infinies. Un de mes maîtres, Emmanuel Levinas, découpait le mot in-fini en : in plus datif : ce qui soulève, par le dedans, ce qui est fini. Il usait aussi de la négation in-fini : ce qui n’est pas fini, donc inachevé, mais aussi le contraire de fini : l’infini comme l’au-delà du fini. La nouveauté se trouve dans l’humain et toutes les expériences qui le traversent, elle se trouve aussi dans le potentiel de développement d’une possible hardiesse et de surprise. Et l’humain n’est-il pas plus grand que sa figuration dans cet homme ou cette femme-là ? A nous de découvrir, de donner à voir, de révéler, donc de dévoiler la nouveauté de cet humain-là. Et si notre métier RH, consistait aussi à dévoiler la nouveauté des nouveaux employés ?

Que de nouveautés en matière de leadership ! Les approches se bousculent avec les modes qui font défiler le beau risque de ne plus savoir comment on s’appelle. La nouveauté pouvant cacher les ratages des phases passées et des promesses non réalisées, il est donc de bon ton de convoquer le changement comme la norme inchangeable de la nouveauté perpétuelle. La nouveauté peut mettre au rencard le passé, les compétences et les expériences accumulées pendant des années. On peut se demander si la nouveauté en leadership ne devrait pas se convertir au mimétisme « plus » : la mimêsis aristotélicienne. On imite le passé en y introduisant un élément neuf supplémentaire. Faire table rase exige des fines lames. Rares, elles ne courent pas les duels. Un leader nouveau aurait tendance à s’affirmer par des nouveautés absolues, juste histoire de marquer un territoire neuf : son territoire. Ces brefs jets parsemés ou ces cris stridents ou sournoisement susurrés, finissent par user et abuser l’entourage : il n’y rien de plus potentiellement obsolète que la nouveauté. Elle naît, elle surprend : pourtant, elle descend déjà dans la fosse de l’inertie.

Les risques managers sont à la douane : est-ce que la nouveauté a quelque chose à déclarer ? Elle est toujours suspecte, donc elle est fouillée. A-t-elle les bons papiers ? En cas de doute, cet animal inconnu et non répertorié peut être mis en quarantaine. Il y a presque toujours une taxe à payer. De fait, la nouveauté coûte un terrible prix lorsqu’elle se présente trop tôt ou trop tard. Généralement, une grande aversion aux risques ne permet pas de capter un bon « timing » !

La nouveauté se loge peut-être à l’intérieur de nous-mêmes. Voir la réalité dans sa clarté : un regard neuf, émerveillé, étonné qui ne manque pas de capter la lumière, seule vraie nouveauté.

Taille de la police:

Articles