S : Sexe

Sexe, n. masc. : les dictionnaires sont parfois décevants ! Entre leurs pages, il ne s’agit pas de sexe comme la conjugaison de deux ensembles, mais, au contraire, de la distinction entre les sexes. Il se pourrait que l’origine du mot soit : la section, le fait de scier, de diviser et de couper. Le mot sexe a donc, comme première volonté, celle d’identifier les deux sexes – y compris pour les (belles) plantes : sexe féminin, sexe masculin. Cela peut aller jusqu’à recouvrir, pudiquement, les caractéristiques et les fonctions de chaque sexe. Ces dernières attributions peuvent passer de fort à faible, voire aller jusqu’au beau sexe. Depuis l’orée du XX ème siècle, le mot sexe est descendu jusqu’aux organes concernés. Sous la dominance anglo-saxonne, curieusement éveillée précocement, le mot sexe rassemble enfin toutes les questions liées à la sexualité. Mais nous n’en avons pas terminé avec le souci de distinguer avec l’arrivée récente du troisième sexe ou du « no-sex ». Tout cela me rappelle un de mes maîtres en philosophie, Jacques Maritain, qui a écrit un magnifique ouvrage : « Distinguer pour unir » ! Donc, sans sa permission, je prends la tangente : pour le sexe : l’union bien plus que la distinction.

L’embêtant avec les humains c’est qu’ils trouvent, dans tant de ressources, compétences et engagement, aussi des ressources sexuelles. Donc les ressources humaines sont dans la contenance plus ou moins appropriée de telles pulsions. Certaines organisations mettent au ban la chose, ou empêchent l’union des choses, en interdisant la mise en couple au sein de l’entreprise en les menaçant d’aller se faire voir couple ailleurs. Pourtant, disent les statistiques, plus de trente pour cent des deuxièmes couples se forment sur le lieu de travail. L’interdiction de mêler la performance professionnelle et la performance sexuelle serait, par ailleurs, (quel ailleurs ?), un aphrodisiaque des plus puissants. Il y a aussi le délicat management des dysphories de genre qui affectent l’humeur de celles et ceux qui sont extrêmement mécontents du corps qu’elles ou qu’ils ont reçu à la naissance. 80 pour cent des trans-sexuel(les) perdraient leur emploi. Bel accompagnement à offrir pour une belle intégration réussie.

Si nous définissons le leadership comme une capacité d’influencer les personnes et les organisations en vue de la réussite des personnes et des organisations, le mot in-fluence est à déguster. Fluere – in : mettre du flux dedans. On peut voir métaphoriquement ce que cela peut donner. Il se peut que des individus leaders soient moins métaphoriques et nettement plus concrets. L’influence, la puissance, la jouissance n’ont de préservatif que la vertu de ce qui est caché. Quitte à se revêtir en Prada, il faut étudier de près l’influence des leaders au féminin, peut-être (voir la définition ci-dessus) la distinction est-elle de mise ?

Afin de déterminer, pour valider ou invalider un mariage, la nature fougueuse ou déficiente des princes, la sainte Eglise mandatait des risques managers gantés et mitrés afin de constater si les trois conditions de l’acte posé étaient réalisées. Erectio, introductio et emissio. Je ne sais pas si les compliance officers et autres risk managers sont formés pour prendre note si les bourses ont déployés tous leurs effets, mais on peut se demander ce qu’eux-mêmes cachent derrière la montagne de leurs petits papiers.

Dans l’amour, il y a le verbe (on se dit des choses) et la copula (on b…). Si seulement, au boulot, on se disait vraiment les choses afin d’éviter de se faire b… sans affection.

Taille de la police:

Articles